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La vente de médicaments dans la rue en Afrique : Tour d’horizon

Les implications de la vente de médicaments dans la rue en Afrique.

Qualifiée de " crime pharmaceutique " par Interpol, la vente de médicaments dans les rues en Afrique est une menace sérieuse depuis les années 1980. Ce commerce illégal, où médicaments, cosmétiques, produits diététiques et vétérinaires sont vendus en dehors de tout cadre légal, peut être considéré comme un "crime contre l'humanité", exposant des milliers de consommateurs. En effet, selon un rapport publié par l'ONU en 2023, 605 tonnes de produits pharmaceutiques issus du trafic ont été interceptées rien qu'en Afrique de l'Ouest, de 2017 à décembre 2021. Et selon l'OMS, les médicaments antipaludiques falsifiés causent à eux seuls près de 200 000 décès par an. Mais d'où viennent ces médicaments de rue ? Pourquoi ce phénomène s'amplifie-t-il et quelles en sont les conséquences ?

Les origines des médicaments de rue en Afrique

Selon des études portant sur le cas de la Guinée, réalisées par les chercheurs Mouhamadou Kane et Flore Berger dans le cadre du projet Organized Crime West African Response to Trafficking (OCWAR-T) de l'Initiative mondiale contre la criminalité transnationale organisée (GITOC), les médicaments de la rue proviennent de sources internes et externes, légales ou illégales.

Ceux qui proviennent du marché intérieur sont généralement des médicaments détournés des établissements de santé publics et privés, y compris des échantillons médicaux gratuits destinés à promouvoir des spécialités ou génériques pharmaceutiques. Les dons de médicaments aux organisations caritatives sont également parfois détournés.

Quant aux origines extérieures, il s'agit généralement de contrefaçons et de médicaments falsifiés. D'après l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), 75% des médicaments contrefaits à l'échelle mondiale sont originaires de Chine et d'Inde, et environ la moitié de ces produits passerait par Dubaï afin de dissimuler leur provenance. Selon une enquête publiée par The Lancet en 2006, jusqu'à 60% des médicaments en circulation en Afrique pourraient être des contrefaçons. Le marché illicite comprend essentiellement des médicaments placebo, des médicaments dont les doses de principes actifs sont insuffisantes ou excessives, ainsi que des médicaments fabriqués à partir de matières premières de mauvaise qualité, caractérisés par la présence d'impuretés inacceptables, d'excipients falsifiés et toxiques.

Bon à savoir

Les agents anti-infectieux, en particulier les antipaludiques, sont les classes de médicaments falsifiés les plus fréquemment signalées, suivies par les anesthésiques et les analgésiques. (Données du GSMS pour la période 2013-2017).

Pourquoi la vente de médicaments dans la rue s’amplifie en Afrique ?

L'émergence et la propagation du trafic des médicaments de rue en Afrique trouvent leurs racines dans un contexte marqué par la faible volonté des décideurs politiques et l'ignorance des consommateurs. La précarité de la couverture sanitaire et le coût élevé des médicaments ont alimenté la croissance rapide de ce commerce illicite.

Dans des régions reculées comme Dira au Burkina Faso, où l'accès aux soins est limité, les médicaments de la rue sont perçus comme une solution pratique. La misère, le chômage et l'abandon scolaire des jeunes fournissent une main-d'œuvre pour ce marché clandestin. De plus, l'absence de réglementation, la corruption douanière et le laxisme des autorités favorisent l'expansion du trafic.

Des conséquences désastreuses

La vente de médicaments dans les rues d'Afrique a des conséquences sanitaires, sociales et économiques dévastatrices.

Sur le plan sanitaire, l'absence de contrôle réglementaire expose les consommateurs à des produits contrefaits, inefficaces, voire dangereux qui aggravent les problèmes de santé au lieu de les résoudre.

Sur le plan social, cette pratique alimente la marginalisation des populations vulnérables qui se tournent vers des solutions informelles et potentiellement néfastes.

Sur le plan économique, le trafic de médicaments représente une perte significative de la part du marché des pharmacies agréées. Cette pratique prive également les gouvernements des recettes fiscales dont ils ont besoin pour renforcer les systèmes de santé.

En conclusion, la vente de médicaments dans les rues en Afrique est un fléau qui menace la santé publique et entrave le développement économique. Seule une stratégie globale impliquant la répression des trafics, l'éducation des populations et l'amélioration de l'accès aux soins peut mettre fin à ce commerce illicite aux conséquences dramatiques. Cependant, chacun d'entre nous peut agir à son niveau en boycottant ces trafiquants, et en ne s'approvisionnant qu'auprès de fournisseurs agréés.

À son niveau, Exphar participe à la lutte contre le fléau des médicaments dans la rue en proposant des médicaments de qualité, accessibles à tous, et en sensibilisant les professionnels de la santé. Exphar défend la santé publique avec une accessibilité sociale exemplaire.

 

 

 

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