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Médicaments pédiatriques dangereux : pourquoi certains sirops sont aujourd’hui interdits ?

Bouteilles de sirops pédiatriques colorés avec des compte-gouttes.

Depuis quelques années, plusieurs incidents tragiques liés à des sirops pour enfants ont mis en lumière des failles dans le contrôle pharmaceutique. Des enfants sont morts ou ont subi des dommages sérieux après avoir pris des médicaments pédiatriques dangereux contaminés ou mal dosés. Ces événements se déroulent particulièrement dans des régions où la réglementation, le suivi ou le contrôle qualité sont insuffisants — mais pas seulement.

Des cas récents concernent des pays comme la Gambie, l’Inde, l’Ouzbékistan ou le Nigéria. Ces incidents touchent surtout les sirops pour la toux ou les médicaments contre le rhume, utilisés chez des enfants très jeunes.

Child reaching for a bottle of syrup.

Quand les excipients deviennent problématiques

On pense souvent que seuls les principes actifs d’un médicament sont à surveiller. En réalité, les excipients peuvent eux aussi présenter des risques, en particulier chez les plus jeunes dont l’organisme est encore en développement.

  • Dans les sirops pédiatriques, la concentration en excipients est souvent élevée : édulcorants (comme le sorbitol), colorants, arômes et conservateurs.
  • Certains colorants artificiels ont été associés à des troubles du comportement (ex. hyperactivité).
  • Les édulcorants peuvent provoquer des effets digestifs indésirables.
  • Des conservateurs tels que les parabènes sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens.

Ces substances, généralement bien tolérées chez l’adulte, peuvent donc avoir un impact disproportionné sur la santé des enfants, en particulier en cas de consommation répétée ou d’interactions avec d’autres traitements.

Des contaminations dramatiques

Les affaires récentes ont révélé un autre danger : l’utilisation de solvants toxiques comme le diéthylène glycol (DEG) ou l’éthylène glycol (EG) dans des sirops contre la toux et la fièvre. Ces produits chimiques, parfois utilisés illégalement comme substituts bon marché dans les excipients, sont hautement toxiques et peuvent entraîner une insuffisance rénale aiguë ou la mort.

  • Gambie (2022) : des sirops indiens contaminés ont provoqué le décès de dizaines d’enfants.
  • Ouzbékistan (2022-2023) : le sirop « Dok-1 Max » a été mis en cause dans plusieurs décès pédiatriques.
  • Nigéria (2024) : rappel du sirop Benylin Paediatrics après la détection de DEG.
  • Inde (2025) : interdiction de certains sirops à base de phényléphrine et chlorphéniramine chez les enfants de moins de 4 ans, en raison d’un rapport bénéfices/risques défavorable.

Ces cas ont révélé des lacunes dans la traçabilité, les contrôles qualité et la transparence de la chaîne d’approvisionnement.

Les conséquences pour la santé et la société

Les scandales liés aux médicaments pédiatriques dangereux contaminés ou mal formulés ont des répercussions multiples. Sur le plan médical, ils entraînent des effets graves tels que des atteintes rénales et hépatiques irréversibles, des troubles neurologiques, voire le décès. Chez les enfants survivants, certaines séquelles peuvent être permanentes et altérer leur développement.

Au-delà de l’aspect clinique, ces drames engendrent une perte de confiance des familles envers les médicaments et les autorités sanitaires. Cette méfiance peut conduire à un refus de traitements pourtant indispensables, compromettant la santé publique. Les systèmes de santé, quant à eux, doivent faire face à une augmentation des hospitalisations et des coûts de prise en charge, mobilisant des ressources déjà limitées. Enfin, sur le plan économique, les rappels massifs, les sanctions contre les laboratoires et les procès pour négligence pèsent lourdement sur l’industrie pharmaceutique et les pays concernés.

Les leçons à retenir

Les enquêtes menées ont mis en lumière plusieurs problèmes :

  • Normes de pureté des excipients non respectées par certains fournisseurs.
  • Contrôles qualité insuffisants dans les usines de production.
  • Chaîne logistique opaque, compliquant l’identification des défaillances.

Ces failles ont transformé des médicaments censés soigner en véritables menaces pour la santé publique.

Une réglementation renforcée

Face à ces drames, les autorités sanitaires, notamment l’OMS, appellent à une vigilance accrue et à des mesures plus strictes :

  • Tests rigoureux de toutes les matières premières utilisées dans les médicaments pédiatriques.
  • Traçabilité complète des ingrédients, de la production à la distribution.
  • Inspections régulières et inopinées des sites de fabrication.
  • Réduction de l’usage de certains excipients (colorants, parabènes, édulcorants) au profit d’alternatives plus sûres.
  • Privilégier les formulations simples, comme le paracétamol en ingrédient unique, lorsque cela est possible.

Le rôle des parents et des soignants

La sécurité des médicaments pédiatriques repose non seulement sur la réglementation, mais aussi sur une vigilance individuelle :

  • Lire attentivement les notices pour identifier la présence d’additifs sensibles.
  • Demander conseil au médecin ou au pharmacien avant d’administrer un traitement.
  • Surveiller les réactions inhabituelles après la prise d’un médicament et signaler rapidement tout effet indésirable.

En résumé

Les interdictions récentes de certains sirops pédiatriques rappellent une évidence : la sécurité des enfants doit primer sur toute considération commerciale.

Les récents scandales liés à des médicaments pédiatriques dangereux – contaminés ou mal formulés – soulignent à quel point la vigilance doit être constante à chaque étape de la chaîne pharmaceutique.

L’innocuité d’un médicament ne dépend pas seulement de son principe actif, mais aussi de ses excipients et de la qualité de sa fabrication.

Une réglementation renforcée, des contrôles stricts et une meilleure information des parents sont indispensables pour prévenir de nouvelles tragédies.

Protéger la santé des plus jeunes exige une transparence totale, une rigueur absolue dans les contrôles et une responsabilité partagée entre fabricants, autorités et familles.

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